La guerre de Bon-Papa 2

Publié le par Filfola

Nous avons laissé Bon-Papa à Alger

Dans une lettre du 7 mars 1944, Bon-Papa expose la situation générale à Alger qui se présente comme une catastrophe quant à son désir d’être nommé rapidement en poste et si possible au Canada pour rejoindre sa famille. Or l’Assemblée consultative a décidé en séance secrète « que seuls seraient admis dorénavant à représenter à l’étranger le Comité Français de Libération Nationale (CFLN) les agents ayant appartenu aux cadres gaullistes depuis un temps minimum… Ma situation personnelle ici étant bonne, cela ne touche que notre prochaine réunion, pas ma carrière. » Le 12, il confie : « J’ai passé ces jours-ci par une série de moments peu agréables ; j’ai même failli démissionner ou me faire révoquer pour rentrer dans l’armée ( ) crise d’autorité ( ) rivalités personnelles ( ) suspicion sur tout notre département…

Heureusement, tout ceci s’est tassé. L’essentiel est que nous avons maintenant un directeur du personnel, gaulliste ardent, voire même sectaire, ( ) Je m’entends fort bien avec lui… » Bref, malgré sa période « chocolat » comme il dit, certes involontaire dans son cas – il parle d’ailleurs des agents qui ont été emprisonnés à Hershey comme des « chocolats » - il n’envisage pas dans l’immédiat de chercher à partir ni en poste ni pour l’armée.

Toutefois dès le 27 mars, il demande à être replacé à la disposition de l’armée, « je n’y tenais plus… Il fallait prendre ses responsabilités. » En fait, il semble que, outre l’atmosphère particulière, l’inaction le ronge ;  il pense qu’en fait, on ne le rendra pas à l’armée mais on lui donnera un poste à l’étranger et il envisage différentes possibilités en ce sens. Mais le 30, il reçoit un non ferme de son ambassadeur.

Le 5 mai, il fait part à Mamie sous le sceau du secret d’une proposition d’affectation à Bari auprès de la commission aux Affaires Italiennes – à cette époque les alliés tiennent déjà l’Italie - mais en fait après quelques semaines à Naples puis à Bari même, comme chargé de Mission auprès du Ministre des Affaires Etrangères croate pour des missions en Croatie, Dalmatie, Bosnie. Cela ne se fera pas, mais il est vrai qu’à l’époque les alliés s’entretenaient avec Tito…

Au lieu de cela, le 13 juillet 1944, il s’envole pour Londres, attaché à la liaison du Général Koenig avec l’AEF (Afrique Equatoriale Française, Koenig avait été le chef des Forces Française Libres, illustrées notamment à la bataille de Bir Hakem).

Pour terminer, voici une lettre où il fait un peu le bilan de cette période en AFN.

 


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