la guerre de Bon-Papa 4 (fin)

Publié le par Filfola

Nous l’avons laissé en Allemagne, il y est encore en avril, mais pour la fête de la victoire, le 8 mai 1945, il est à Paris depuis au moins deux jours afin de régler son avenir mais également ses intérêts en France (ferme ou métairie de La Bougeonnerie dont la mère  de Mamie qui habitait av. de Suffren s’était occupée). Il assiste au discours du Général de Gaulle. Visiblement Mamie n’a pas pu le rejoindre pour ces quelques jours. Le 8, juste avant son départ pour rejoindre son unité, il lui décrit « une atmosphère étrange, les gens hier soir n’osaient pas encore tout à fait être enthousiastes. Aujourd’hui, ça monte et demain ce sera déchaîné. »

Pour ses décorations c’est quand même un peu flou, mais on est encore en guerre, ça s’explique. Entre le moment où il est proposé, celui où le décret est signé et celui où il est effectivement décoré, il se passe souvent des mois. Je vous ai dit que le 25 mars il était nommé capitaine et proposé pour la croix de guerre avec étoile d’argent et une citation pour avoir détruit trois « tigres » (tanks, je suppose) pendant sa première semaine de front. En fait le 8 mai, il indique que le décret est signé mais qu’on le laisse regagner son unité pour y recevoir « sa 3e ficelle et sa croix » ainsi que la Bronze Star pour laquelle les Américains l’ont proposé et dont voici une illustration.

 

 

A juste titre, il était très fier de cette dernière décoration. Mais j’ai, un peu, cherché ici, pas de trace de l'objet, ni des autres d’ailleurs. Il n’y a que celle de chevalier de la Légion d’Honneur et tout de même quelques rosettes de boutonnières, et une décoration belge qu’il a dû recevoir lorsqu’il était consul général à Liège.

Il rejoint donc son unité américaine pour occupation en Allemagne dans le cadre de la commission des affaires allemandes.  Il mettra 4 jours, empruntant successivement : deux trains, un camion, un wagon de marchandises à 15 km/h, deux autres trains et finalement un camion postal pour arriver dans un patelin en gros à mi-chemin entre Dortmund et Hanovre. Là, il n’a rien à faire, tout comme ses camarades. Il parle beaucoup d’une nomination à Innsbruck.

En tout cas, début juin, il se rapproche de la France après être allé faire un tour à Kassel où on lui a dit que Paul était libéré des STO. En fait, ils se sont manqués.

Il semble être démobilisé le 2 juillet mais je n’ai trouvé aucune lettre entre le 7 juin et la dernière, datée du 22 août. Il n’est plus question de rentrer en France ; avec quelques camarades français, il fait une route mouvementée vers l’Autriche, en deux voitures. Premier objectif Innsbruck, puis Vienne. Je sais, en effet, que tout de suite après la guerre, il a été envoyé à Vienne, ville occupée en secteurs, comme Berlin, et que Mamie a pu l’y rejoindre, avec également le grade de capitaine. Cela a certainement duré plusieurs mois avant qu’il soit nommé consul général à Vienne et que François, laissé à Fontaillis, puisse les rejoindre, et suivre une scolarité comme pensionnaire dans le cher Fulpmes en plein milieu des montagnes, revenant les week-ends au consulat avec Claude Bougenot. Mais ceci est une autre histoire…

En ce qui concerne la Légion d’Honneur, attribuée à titre militaire, il fut chevalier le 19 septembre 1949 et promu officier le 5 mai 1959. Le 1er octobre 1953 il est nommé chef de bataillon de réserve. N’oublions pas que son corps d’origine, auquel il tenait, était les chasseurs alpins.

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